Lettre ouverte aux dirigeants du monde de la chasse.

Nous avons retrouvé un témoignage datant de 2014 mais toujours tellement d’actualité. Le livre « Regards de Cerf » oeuvre collective de l’ASBL SOLON, sous la plume de Gérard Jadoul, a été dédié à feu deux grands personnages du monde de la chasse, Evence Coppée, esprit visionnaire au coeur généreux, et Frédéric Haÿez, rédacteur de la revue « Chasse et Nature ».

Pour bien cerner ma pensée, je retranscris ci-dessous la totalité de la dédicace du livre suivie d’extraits d’éditoriaux de Frédéric Haÿez dans la revue Chasse et Nature.

Dédicace

« Il fut passionné des paysages et des méandres de la Semois, des animaux qui y courent et des gens qui y vivent. Rédacteur de la revue « Chasse et Nature », sa plume offrait une qualité d’éditorial qui était impatiemment attendue chaque mois, tant pour son contenu que pour la forme dont il l’habillait. Il y transcrivait une vision claire des défis environnementaux du XXIème siècle proche et du rôle que la chasse devrait y tenir si elle voulait survivre et se grandir. Il avait cette étonnante faculté de dialogue vrai, du partenariat sans tabous, du franc jeu, loin des postures corporatives ou syndicales. Il offrait, par la même, une réelle occasion de dialogue constructif, entre autre avec les milieux environnementalistes. Et tout cela avec une classe et une élégance tant dans la langue que dans le rapport à l’autre. Bien des traces de cet esprit ouvert enrichissent cet ouvrage, perpétuant ainsi à leur manière, sa riche existence. »

Extraits d’éditoriaux de Frédéric Haÿez

Novembre 1999

“Il ne faut pas craindre de nous remettre en cause, de nous interroger sur nos pratiques et les reformer éventuellement. Car il faut tenir compte que nous nous dirigeons à grands pas vers une société très majoritairement urbaine dans laquelle le chasseur va devoir s’intégrer et acquérir “droit de cité”. Qu’on le veuille ou non, c’est un fait. De même que la prédominance croissante des pouvoirs internationaux sur les nationaux. Pour trouver une place légitime dans la société civile de demain, le chasseur devra défendre dans les principes et dans la pratique deux idées : la première est que le gibier fait partie du patrimoine commun à gérer avec rigueur et précaution ; la seconde, découlant d’ailleurs de la première, est qu’il joue un rôle effectif dans la création, le maintien et la protection de milieux naturels. Ce n’est pas facile, c’est un travail de longue haleine, parfois décourageant, mais c’est le chemin du futur… Le Saint-Hubert Club est là pour vous y aider. »

Novembre 2001

« … Le sondage révèle entre autres que les chasseurs sont plus réfléchis que beaucoup ne le pensent ; en effet ils souhaitent majoritairement que le Club ne défende pas n’importe quoi mais une chasse éthique et respectueuse de l’environnement tout en étant très largement favorables à une collaboration accentuée avec les mouvements environnementalistes. Bref, une chasse qui avance avec son temps… »

Janvier 2002

« … des candidats qui ne se réclament pas uniquement de la Tradition, dont finalement l’opinion publique ne se soucie guère, mais prêts à la réflexion et au dialogue pour ancrer la chasse dans la modernité. Car il s’agira de jeter des ponts et non de construire des tranchées. »

Juin 2004

« … Cela suppose bien sûr un changement profond des mentalités, sans doute refusé par certains irréductibles, mais ceux-ci doivent se rendre compte que ce changement est irréversible. »

Avril 2004

« … La forêt et la Nature en général doivent être des lieux de coexistence pour les différents usagers, qu’ils soient promeneurs, bûcherons, chasseurs, pécheurs, etc. et non des lieux d’affrontement pour un usage plus ou moins exclusif au bénéfice de telle ou telle catégorie. L’activité cynégétique fait partie de la gestion de la nature mais les chasseurs n’entendent pas que ce soit au détriment des autres usagers … »

Décembre 2005

« … Puisque la Belgique est le Pays du compromis, dans tous les domaines, il y aura probablement du bon et du « moins bon ». Mais l’essentiel est que les chasseurs démontrent leur capacité d’écoute, d’adaptation et même d’innovations… »

Janvier/Février 2006

« … Les chasseurs doivent être réalistes : l’abondance et la surabondance ne sont pas des buts à atteindre mais bien la qualité … »

Septembre 2006

« … Depuis le 1er septembre, il est interdit de relâcher du faisan. mais il y a toujours des incorrigibles qui considèrent que les lois sont faites pour les autres … »

Décembre 2006

« … Le lâcher de grands gibiers est le fait d’une infime minorité mais cette pratique pollue autant la nature que la chasse, celle-ci risquant de faire les frais d’un amalgame facile … » Si je reprends en exergue cette dédicace et ces extraits d’éditoriaux de la revue « Chasse et Nature » concernant un homme d’exception qui aimait comme moi tant la Nature que la chasse, la vraie chasse qui nous permet de communier avec les arbres, les animaux, les ruisseaux, les plaines, les vallées et les montagnes, c’est que le tournant souhaité et amorcé par Frédéric Haÿez semble avoir été abandonné par les instances dirigeantes actuelles du Royal Saint-Hubert Club de Belgique.

Les derniers éditoriaux et articles de fond qui se succèdent depuis des mois dans la revue « Chasse et Nature » du RSHCB, asbl dont je suis lecteur puis membre depuis près de cinquante années, me désolent au plus haut point, et ce n’est plus avec impatience que je les attends, mais avec la crainte d’y voir encore et toujours des positions parfois outrancières qui sont de plus en plus décalées par rapport à l’air du temps et vont conduire la chasse à sa perte. (Le lobbying pour le retour du tir des rapaces, ou pour la suppression des « arrêtés nourrissage » n’en sont que deux exemples parmi d’autres …) On est bien loin de l’esprit visionnaire de Frédéric Haÿez pour le XXIème siècle, et plutôt à un retour aux idées largement obsolètes de fin XIXème ou début XXème qui semblent encore faire rêver certains.

Quand Frédéric Haÿez avait tendu la main à tous les utilisateurs de la Nature, en créant entre-autre une rubrique mensuelle ouverte aux observations naturalistes, j’étais enthousiasmé par la revue du RSHCB qui avait pris le virage nécessaire pour réconcilier tous les acteurs de la ruralité qui se tiraient trop souvent dans les pattes. J’ai moi-même écrit dans la revue (avril 2006) un article qui s’intitulait « Plaidoyer pour une gestion concertée entre forestiers, chasseurs et naturalistes » qui résume parfaitement les besoins de conciliation qui seuls peuvent aider à perpétuer une chasse soucieuse de l’environnement, soucieuse du respect du vivant sous toutes ses formes, prête à collaborer avec les autres acteurs de la forêt ou des plaines, à savoir forestiers, naturalistes, agriculteurs, chercheurs, promeneurs.

J’ai certes encore eu droit en 2010 dans la revue du RSHCB à une interview pour l’année de la biodiversité qui s’intitulait « 2010 année de la Biodiversité ». Tout espoir n’est donc pas perdu, si …

Ce courant de conciliation est actuellement mis à mal dans les colonnes de la revue « Chasse et Nature » par des caricatures malheureuses qui stigmatisent le monde des environnementalistes, (quand ce ne sont les agriculteurs ou le DNF), considérés « persona non grata » par le simple fait qu‘ils n’ont pas de permis de chasse comme sésame pour parcourir la forêt. Avoir des idées qui diffèrent de celles de la rédaction semble être un critère systématique de rejet.

Prenons un exemple parmi d’autres. Dans « La lettre du président » du numéro de décembre 2013 de Chasse et Nature, il est écrit ceci :

« Cette biodiversité a bon dos, et permet à ces ayatollahs de tenter d’imposer leur charria verte sur toute la Nature »

Cette phrase qui m’a littéralement fait bondir résume tout mon désarroi. Est-ce constructif d’utiliser la stigmatisation caricaturale des « autres » trop souvent tenus pour responsables et boucs émissaires tout trouvés de ses propres égarements, manquements et erreurs ? L’ostracisme est une arme, mais pas une arme de gentlemen. Crier au grand complot des forces obscures qui travailleraient à la destruction de la chasse, est sans doute efficace comme diversion, mais profondément malhonnête, car ce sont nos propres ignominies à nous chasseurs qui nous détruiront et nullement ce soi-disant grand complot « vert ». Malheureusement, nombre de voix silencieuses de chasseurs modérés sont entraînées dans le sillage, leurrés par des propos dont ils n’ont pas vraiment saisi le sens profond, le discours de façade du RSHCB étant encore à l’ouverture, alors que la réalité cachée est sans doute bien différente si je m’en réfère aux nombreux commentaires et récriminations qui m’ont été envoyés par des « chasseurs déçus » parfois très proches du conseil d’administration pour conforter mes impressions et mon profond malaise.

Si nous prenons par exemple la thématique du nourrissage, où les avis entre nous chasseurs sont plus que disparates, et donc devraient être débattus démocratiquement, pourquoi n’y lit-on que des articles d’auteurs favorables au rétablissement du nourrissage tel qu’il était avant le changement de législation et qui a permis tant d’abus, et jamais d’articles émanant d’auteurs d’avis distincts parfois étayés profondément et scientifiquement ? Pourquoi le Livre de Solon « Regards de Cerfs » qui aborde cette thématique entre autres sujets de qualité, n’est-il pas en vente dans la librairie du RSHCB ? Se poser la question est malheureusement déjà avoir la réponse.

Je sais que toute communauté humaine a ses brebis galeuses, tant chez les naturalistes que chez les chasseurs ou les forestiers. Mais il y a aussi des personnes hors du commun dans tous les camps. Utiliser des propos injustes, à la limite du mépris dans une revue qui devrait se montrer consensuelle et représenter tous ses affiliés et pas seulement quelques personnes influentes, et parfois déviantes, ne peut qu’agrandir le fossé non seulement entre les chasseurs eux mêmes, mais entre les différents acteurs de la ruralité en donnant une image déplorable du monde de la chasse qui devient me semble-t-il de plus en plus autiste, s’enfermant dans sa tour d’ivoire.

Le monde a changé, la vision de la Nature aussi. Cette belle Nature que nous agressons et détruisons sans vergogne par notre système productiviste n’appartient à personne, ni aux naturalistes, ni aux chasseurs, ni aux forestiers.

Il faut ouvrir les yeux, vivre dans son époque, éviter les mots qui blessent, arrêter d’injurier, de stigmatiser, même si c’est au second degré, si nous voulons que perdurent ce que nous aimons, d’une part une Nature préservée, d’autre part nos modes de chasse qui permettent la régulation et le maintien d’équilibres que nous avons nous-même rompus par une chasse outrancière aux prédateurs que nous considérions comme nos concurrents et que certains voudraient remettre à l’ordre du jour. Chasse, oui, mais vraie chasse, celle qui nous permet comme je le dis plus haut, de communier avec les arbres, les animaux, les plaines et les montagnes en étant non pas omnipotents et arrogants, mais acteurs modestes et respectueux des équilibres. Notre statut de super-prédateur historique ne nous donne pas tous les droits sur une Nature qui ne nous appartient pas mais dont nous ne sommes qu’une simple composante.

Les avancées de la science nous ont démontré que le langage n’était pas seulement utilisé par Homo sapiens, mais que même les arbres se parlaient par échange de phéromones, et que dire du langage par sons et mimiques des mammifères supérieurs qui peuvent s’échanger leurs sentiments. Nous ne sommes qu’un élément de ce merveilleux écosystème « Terre », et devons montrer du respect pour ce qui nous permet de vivre, en équilibre avec toute la biodiversité, elle même nécessaire au bon fonctionnement de notre planète. Au contraire des peuples premiers qui savent encore écouter et comprendre la Nature, notre perte de naturalité nous en rend actuellement incapables. Nous devons réouvrir nos oreilles et tous nos sens dans un monde qui nous parle, mais que nous ne comprenons plus.

Si déjà nous arrivions à nous comprendre entre nous !

Attiser les bisbilles que les divers acteurs de la ruralité immanquablement trouveront dans un cheminement différent plutôt que de les aplanir en trouvant un consensus ne servira qu’à tôt ou tard, signifier le deuil des pratiques culturelles de chasse qui ne méritent pas de disparaître, mais doivent rapidement se réformer pour ne pas devenir tellement ignobles aux yeux des non-pratiquants, qu’il deviendra impossible d’enrayer son déclin.

La rédaction et les dirigeants du RSHCB doivent mesurer l’ampleur d’un mouvement irréversible qui réclame la concertation, et ont le devoir moral d’arrêter de défendre auprès des instances politiques par un lobbying exacerbé, les déviances de quelques personnes influentes, mais déconnectées du réel alors que des milliers d’autres ne se sentent plus vraiment représentés ni défendus par cette association. Que dire alors des environnementalistes/chasseurs qui se sentent véritablement exclus et mis à l’index dans un monde ou l’argent semble roi au détriment d’une Nature si malmenée.

Les thèmes « Chasse/Nature » qui sont développés dans une revue qui en porte le nom doivent se ré-imprégner de l’esprit de Frédéric Haÿez* qui, entre nous, doit se retourner dans sa tombe. Cette dérive actuelle tout en croyant défendre la chasse ne fait qu’en préparer sa perte en faisant le lit de ceux qui pour reprendre une phrase de l’éditorial de fin 2013, ont « une aversion dogmatique contre les chasseurs ». Faute de remise sur les rails du bon sens, la chasse risque de se détruire elle-même sans que les « Ayatollahs verts » n’aient à lever le petit doigt.

Les mots blessants ou autres insinuations soi-disant spirituelles, souvent dédaigneuses pour salir ceux qui aiment la forêt, mais n’ont pas le statut de « chasseur » ne pourront qu’attiser les haines, rendre toute approche collaborative impossible, pousser en avant les passéistes qui voient s’entrouvrir un créneau pour revenir sur leurs phantasmes dépassés et reléguer aux oubliettes les avancées de visionnaires comme Frédéric Haÿez.

Il est impératif de s‘ouvrir sur l’avenir au lieu de s’accrocher à un passé qui a fait la démonstration de ses égarements bien dommageables pour la Nature et notre environnement.

La chasse n’aura un futur que si nous lui en donnons cette image d’ouverture et de collaboration sincère et non juste de circonstance en fonction des besoins.

Le mot « éthique » qui est sur toutes les lèvres des chasseurs, semble avoir un sens bien différent de l’un à l’autre, surtout dans la bouche des déviants qui s’en servent comme d’une couverture pour cacher leurs ignominies.

Que vive la chasse dans une Nature qu’ensemble, chasseurs, naturalistes, forestiers, agriculteurs, promeneurs nous devons préserver pour les générations futures, dans le respect du vivant et des écosystèmes, afin de retrouver les équilibres naturels entre toutes ses composantes.

La forêt ne peut être une simple fabrique de bidoche pour certains chasseurs en mal de tableaux et d’émotions, pas plus qu’une fabrique de planches pour forestiers purs jus, ou un simple musée conservatoire pour naturalistes nostalgiques. C’est un écosystème vivant que nous tous, chasseurs, forestiers, environnementalistes, agriculteurs, chercheurs ou simples visiteurs occasionnels devons respecter, préserver et aider pour y retrouver les équilibres naturels (que nous avons rompus) en nous en montrant dignes.

Alors seulement nous aurons oeuvré pour que perdurent nos traditions cynégétiques en harmonie avec toutes les activités qui tournent autour du thème abordé. Jean Delacre

Conservateur de réserves naturelles en Fagne pour Natagora et chasseur. www.jdelacre.be

… et quelques commentaires de chasseurs qui suivirent la parution dans la revue SOLON…

“J’ai lu votre envoi au Président du St Hubert Club, j’en partage chaque ligne sans réserve. J’ai participé depuis plusieurs années à des nombreuses concertations avec les dirigeants de la chasse en vue d’apporter de manière consensuelle les réformes indispensables pour éviter les conflits avec le reste de la société civile, toutes ont échoué. Soit les accords on été dénoncés soit il y a eu refus de dialogue comme pour le nourrissage. Tout s’est passé comme si le monde de la chasse préférait se voir imposer des mesures extrêmes plutôt que de devoir défendre des accords nettement plus modérés. Enfin, de plus en plus souvent cette stratégie a été complétée d’attaques ad hominem contre ceux qu’ils considèrent naïvement comme étant à l’origine des remises en causes des certaines pratiques extrêmes s’apparentant plus à du tir sur cibles vivantes qu’à de la chasse. Comme vous, je me désole de voir les dirigeants de la chasse s’engager dans une impasse qui creusera des fractures de plus en plus profondes entre des mondes qui par essence doivent s’entendre et partager des objectifs communs. Je m’inquiète encore plus de voir un ensemble de chasseurs suivre au moins passivement ces absurdes appels à une mobilisation contre les forces obscures qui menaceraient la pratique de la chasse. Comment est il possible que quelques acteurs déterminés à défendre des pratiques souvent ahurissantes puissent être soutenus par les dirigeants actuels alors que l’immense majorité des chasseurs rejette de tels comportements ? A ce stade, je ne vois pas trop comment faire en sorte qu’une approche consensuelle soit encore possible. Au moins faudrait il arriver à unir des voix qui puissent être entendues par le plus grand nombre, la votre en fait certainement partie.

Cher Jean,

J’ai beaucoup apprécié ta lettre ouverte et l’ai transmise à quelques amis chasseurs. Les réactions reçues ont été très positives également. Ne la ferais-tu pas parvenir aux responsables des conseils cynégétiques ? A propos d’éthique de la chasse, tant que les têtes dirigeantes de la chasse en Wallonie défendront des formes de chasse artificielles ou intensives, l’éthique ne sera pas à l’ordre du jour. Et le retour de la petite faune des plaines non plus ! C’est lié. Pas besoin d’habitats convenables pour lâcher du gibier de tir. Leur stratégie, pour défendre des positions intenables face aux 99,7% de non-chasseurs, est le durcissement du ton, le manque de transparence, le mouvement centripète vers les pairs, l’idée de faire bloc contre les « anti »… Cela ne fonctionnera qu’un temps. Personnellement, je ferais tout le contraire : miser sur l’ouverture, le dialogue, la transparence, la chasse-gestion et l’abandon des pratiques les moins supportées par la société. A mes yeux, c’est la seule façon de se faire entendre par une majorité pour améliorer le sort de la petite faune des plaines : le pire « anti », ce n’est pas l’opposant à la chasse, c’est le destructeur des habitats… Quand il n’y a plus d’habitats, il n’y a plus de chasse (en pensant au petit gibier, en particulier). Je n’ai malheureusement pas entendu le monde de la chasse se positionner sur l’évolution de la PAC ou du RDR (même pas au travers du GT « Alouette » que le Ministre à mis sur pied l’été dernier). Je garde l’espoir de voir les 5 % de Surfaces d’Intérêt Environnemental (verdissement de la PAC) correctement définies. L’enjeu est considérable ! Peut-être qu’il faudra un jour penser à une autre structuration des ONG qui s’intéressent à la gestion des espèces et acceptent la chasse. Il faut noter, comme le dit Jean-Louis Servan-Schreiber, que nous allons de plus en plus vers

« un monde où, grâce à l’interconnexion généralisée, les individus vont pouvoir se regrouper de plus en plus par affinité. Avec le développement des ONG, s’ouvrent d’immenses possibilités qu’on ne soupçonne pas encore aujourd’hui. On est en train d’inventer une substitution aux grands idéaux politiques qui ont perdu de leur influence. Il s’agit d’un phénomène irréversible qu’on pourrait appeler, avec une consonance moderne, le collectivisme sans le marxisme. C’est le collectif qui dirige de plus en plus aujourd’hui. Un exemple : Wikipedia est une réalisation collective extraordinaire qui n’est ni centralisée ni dirigée ni rétribuée. (…) C’est une évolution fondamentale. Collectivement, le progrès est entre nos mains. »

Cher Jean,

Tu as tout à fait raison dans ta lettre ouverte d’évoquer le regretté F.Haÿez qui avait tenté de jeter les ponts entre vrais environnementalistes, vrais chasseurs (monde duquel je me désolidarise de plus en plus étant donné le petit esprit, l’absence d’un début de gestion qui par ses agissements pourrait entraîner une « aversion dogmatique” contre lui…) et qui, d’ailleurs, avait été “palmé” par IEW. Environnementalistes et chasseurs devraient avoir un but commun soit la préservation d’une Nature agonisante. Que faire encore pour avoir un dialogue serein et constructif pour le bien commun ???

Bonjour Jean,

Bravo pour ce message courageux, exemplaire dans son propos, tourné vers le dialogue et l’avenir, dénonçant les alliances néfastes pour le plus grand nombre. »