La Cour d’appel de Liège condamne 3 chasseurs pour pratiques illégales de la chasse !

En plein massif forestier, quelques chasseurs cultivent du maïs dans des parcelles clôturées dont ils suppriment quelques mètres de fil en saison de chasse pour laisser pénétrer des sangliers qui profitent bien évidemment de l’aubaine d’autant plus qu’un point d’eau est mis à leur disposition !Mal en pris à ces derniers car le jour de la chasse, le 2 novembre 2014, les chasseurs se postent à la sortie de ces champs de maïs et les rabatteurs pénètrent à l’intérieur de ces cultures pour pousser ces animaux vers la sortie mais aussi vers ces chasseurs qui s’en donnent à cœur joie. 22 sangliers sur les 50 présents sont ainsi abattus.

A d’autres endroits, ils nourrissent le grand gibier à moins de 200 mètres d’un autre territoire de chasse, ou à moins de 50 mètres d’un cours d’eau, ou avec un moyen mécanique sur des petites longueurs, bref tout ce qui est interdit par la loi.

Mais le Département Nature et Forêt veille, constate tous ces manquements et dresse PV. Etonnamment, le tribunal de première instance du Luxembourg, division de Neufchâteau acquitte tout ce beau monde sauf l’ouvrier.

Le ministère public ne se laisse nullement abattre et introduit un recours auprès de la Cour d’appel de Liège.
L’avocat de nos nemrods se débat comme un beau diable invoquant des erreurs de procédure, des erreurs de date, des erreurs invincibles. Mais la Cour ne s’en laisse pas conter et analyse très finement les différents griefs estimant que le ministère public apporte ainsi une démonstration suffisante correspondant aux critère de la loi : « la clôture constitue un obstacle à la libre circulation en tout temps par la longueur de la clôture, non évaluable par un animal qui n’a pas l’intelligence utile pour la contourner, et un obstacle particulièrement efficace lors des chasses, empêchant la fuite ou la retardant pour facilité la prise par le chasseur ».


De plus, vu la finalité purement cynégétique et la manière dont il est exploité lors de la battue du 2 novembre, le champ de maïs en question constitue bien un engin propre à faciliter la prise ou la destruction du gibier ce qui est interdit par la loi.
Le chasseur s’en défend en explicitant qu’il n’était pas suffisamment informé alors que l’année précédente le DNF l’avait bien mis en garde contre l’illégalité d’une telle pratique.   Concernant le nourrissage à moins de 50 mètres d’une zone de source, les chasseurs ont en fait déplacé le lieu de nourrissage sans autorisation et l’ont maintenu alors même que le chef de cantonnement leur avait écrit qu’ils devaient le déplacer et d’autre part que leur garde-chasse avait bien connaissance de l’existence de ce lieu de sources. Finalement, le 14 octobre de cette année, la Cour d’appel condamne bien les 3 prévenus en vertu de l’ensemble des charges qui pèsent sur eux, contrairement à la décision qu’avait prise le Tribunal de Neufchâteau. Vu l’absence d’antécédent judiciaire et en vue de favoriser leur amendement, la Cour d’appel suspend le prononcé de la condamnation pour les inciter à se montrer à l’avenir respectueux des règles cynégétiques.

Jusqu’à cette date, cette manière d’agir était toujours d’actualité au vu de la vidéo accessible sur youtube à l’adresse https://youtu.be/5mfpr977HDU

La morale de l’histoire

Comment notre société peut-elle accepter aujourd’hui que des hommes puissent nourrir des animaux soi-disant sauvages pour accroître artificiellement leur population et leur permettre, ainsi qu’à leurs invités, d’exercer un loisir qui vise à tuer des animaux. On pourrait comprendre que la chasse puisse être un outil de régulation des populations d’herbivores en l’absence de prédateurs mais on ne peut défendre un loisir (un art, un sport disent les chasseurs) qui donne du plaisir à tirer sur des animaux.

Info dernière minute :
Il nous revient que les intéressés auraient introduit un pourvoi en cassation avec le soutien du Royal Saint-Hubert Club et de la Fédération des Chasseurs au Grand Gibier. Comment ces deux associations peuvent-elles soutenir l’indéfendable ? Comment leurs membres acceptent-ils la participation de leur association à cette horrible mascarade ?