Le retour du loup en Belgique

Lu dans le soir du Jeudi 9 janvier. pages 12/13 – Belgique – Rubrique: Humeur

« Le retour du loup en Belgique,  autrefois considéré comme nuisible, a cette seule vertu, celle de réimplanter dans un écosystème un prédateur contribuant à la régulation naturelle d’autres populations d’animaux sauvages. »

Voilà une excellente analyse faite par la presse de la nécessité de retrouver nos prédateurs naturels exterminés par la chasse comme nuisibles.

Jusqu’à quand le monde de la chasse osera-t-il encore déclarer « nuisibles » des animaux comme le renard, le putois, la fouine qui sont pourtant des maillons essentiels au maintien des équilibres naturels ?

C’est plus qu’effrayant cette myopie assumée par une grosse part des chasseurs. 

Evidemment, le renard se sert copieusement dans les faisans déversés par bennes dans la Nature juste pour le plaisir de quelques fiers nemrods afin d’en faire des cibles vivantes. D’autant que ces oiseaux élevés en volière, et nourris par la main de l’homme, ne sont plus aptes à survivre en milieu naturel. Personne ne leur a appris à se défendre dans un milieu sauvage qu’il faut bien reconnaître comme dangereux pour ceux qui n’ont pas été « éduqués » pour y vivre. 

« Cibles vivantes », vous avez bien lu, car ces oiseaux n’ont pour seul but que d’être tués par une volée de plombs. C’est aussi ignoble que scandaleux. Si des animaux peuvent être relâchés dans la Nature pour soutenir des populations déclinantes et en danger d’extinction, d’une part, il faut que la souche soit compatible avec la souche indigène, d’animaux non dégénérés par une multitude de générations de volières et d’autre-part que ces renforcements de populations ne se fassent que dans des habitats restaurés à leur intention, avec un arrêt total de chasse à cette espèce pour un minimum de deux saisons, idéalement trois. 

Les prédateurs doivent dans tous les cas être épargnés et retrouver leur rôle de régulation. Les animaux sauvages sont suffisamment armés pour résister à la pression de la prédation naturelle. Aucun prédateur indigène n’a jamais exterminé sa source de nourriture. C’est ainsi depuis la nuit des temps en toute harmonie. Seul l’homme est venu perturber les cycles naturels avec ses éradications de « nuisibles » que nous devons traduire en « concurrents » pour être honnête. Et l’homme, n’aime pas la concurrence, car il estime que tout lui appartient et qu’il a un droit de vie et de mort sur tous les animaux qui seraient « ses choses ».

Nous appelons de tous nos voeux au retour du loup, du lynx, et pourquoi pas de l’ours s’il revient naturellement. (le seul arrivé en Allemagne de sa propre initiative a bien évidemment été de suite flingué, soit-disant pour une question de sécurité ! )

Sécurité pour qui, pas pour l’ours en tous les cas ?

Le collectif « Stop-dérives-chasse ».