Un lâcher de faisans dans le cadre de la chasse de loisir responsable de la dispersion du virus H5N1 à Clavier.

Le 8 septembre 2022

Ce 4 septembre 2022, le Collectif « Stop aux Dérives de la Chasse » obtenait le témoignage d’un particulier relatant la présence d’un potentiel foyer de grippe aviaire dans un élevage de faisans destinés à la chasse dans le hameau de Hoyoux. Sur le territoire de Clavier, 15.000 faisans ont été relâchés le 1er juillet dernier, on compte aujourd’hui 4.000 de ces individus morts à cause du virus H5N1. Outre la contamination de ces oiseaux d’élevage, plusieurs autres espèces sauvages ont aussi été impactées dans les environs de ce foyer (5 hérons, 12 buses, 3 bernaches, 1 milan royal mais aussi des grands corbeaux, des autours des palombes et des merles).

Depuis ce début de semaine, l’AFSCA recommande aux exploitations avicoles de confiner et protéger leurs volailles pendant un délai de minimum 4 semaines pour endiguer cette prolifération « hautement pathogène ». Le SPW, quant à lui, indique qu’un arrêté du Gouvernement wallon interdira la chasse pendant 4 semaines pour les 14 communes du territoire infecté. 

Selon les premiers éléments de l’enquête, la faune sauvage serait à l’origine dans le développement de ce foyer. Deux bernaches du Canada contaminées auraient été retrouvées le 26 août dernier et seraient à l’origine de la réapparition de la grippe aviaire dans notre région. Le virus se propage dans notre pays depuis un an avec plus de 100 foyers découverts, majoritairement en Flandre.

Cependant, malgré une confirmation de la présence du virus et en parfaite connaissance de cause, la chasse n’aurait pas été interdite dans certaines de ces communes avant le mardi 6 septembre. 

Selon le Pr. Annick Linden, vétérinaire au Département des maladies infectieuses et parasitaires de l’ULiège : « Des oiseaux sauvages sont probablement à l’origine de cette mortalité de masse qui a concerné, notamment, plus de 4000 faisans. Dans le contexte actuel de circulation intense du virus au sein de l’avifaune, tout rassemblement artificiel et à l’air libre d’une espèce sensible crée un écosystème idéal pour la multiplication et la diversification du virus, donc représente un risque important tant pour la faune sauvage et domestique que pour la santé publique. » 

Il est donc temps de s’interroger sur le bien-fondé des lâchers de gibier de tir, surtout quand il est massif comme c’est ici le cas. Ces animaux d’élevage ayant perdu toute naturalité, doivent rester concentrés et dépendent d’un nourrissage intensif qui doit leur être octroyé pendant des semaines pour leur survie en attendant d’être abattus par les chasseurs. De plus, n’ayant jamais été confrontés à la prédation naturelle, ils représentent des proies de choix pour les prédateurs indigènes présents sur la zone de lâchers. Ces populations artificielles aux très hautes densités représentent à la fois un risque sanitaire important mais exercent une pression non négligeable sur la biodiversité locale. Ces endroits sont comparés à des déserts biologiques une fois le lâcher de milliers de faisans effectué qui déséquilibrent complètement les écosystèmes naturels. Ce à quoi s’ajoute une notion du bien-être animal qui est totalement occultée dans la mesure où ces milliers d’animaux d’élevage ne disposent pas de l’expérience nécessaire pour se défendre, se nourrir et vivre en liberté de manière générale. 

À l’intention des journalistes
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