Comment la chasse de loisir peut-elle exercer un rôle de régulation et de gestion de la faune sauvage alors que la gestion cynégétique a pour but essentiel dans une majorité de territoires de chasse d’augmenter les populations des espèces chassées, au détriment de l’ensemble de la faune sauvage, afin de réaliser de gros tableaux de chasse ?

Certaines grandes chasses pratiquent une gestion totalement artificielle et déséquilibrée des populations de sangliers avec pour seul but le maintien de densités allant bien au delà des capacités d’accueil naturelles des milieux grâce à un apport journalier considérable de nourriture artificielle et à des cultures agricoles dédicacées. En combinant à ce nourrissage artificiel des consignes de tir préservant les laies reproductrices ils se garantissent le renouvellement de la population de suidés qui leur garantit des tableaux pléthoriques.

La chasse à la Perdrix grise sans obligation de gestion des habitats accompagné d’un suivi rigoureux de ses populations n’est plus acceptable pour une espèce en déclin et malmenée par une agriculture de rendement.

L’ouverture de la chasse à la sarcelle d’hiver est plus qu’une aberration au regard de son état de conservation défavorable.

Les lâchers de petit gibier

La plupart des plaines agricoles sont devenues des déserts écologiques. A défaut de gibier sauvage qui n’y trouvent plus un habitat favorable à leur survie, ce sont des centaines de milliers de faisans et de perdrix qui sont élevés et puis lâchés dans la nature quelques semaines avant la saison de chasse. Ces animaux qui ne sont pas habitués à vivre et se défendre dans la nature constituent des cibles faciles pour les prédateurs qui deviennent de fait les concurrents des chasseurs qui s’acharnent  dès lors à tenter de les exterminer en déstabilisant l’entièreté de l’écosystème.

Des milliers de Canards colverts sont de même élevés dans le seul but d’être tirés dans une parodie de chasse.

Le bien-être animal

« Le respect de la vie s’ajoute désormais aux principes de la protection de l’environnement et de la conservation des ressources naturelles ».

Albert Demaret, ancien Président de la société ornithologique AVES,

Un animal n’est pas un objet inerte mais un être vivant, l’aboutissement d’une longue chaîne évolutive. Il a une valeur intrinsèque.  Le nouveau Code wallon du bien-être animal, adopté le 3 octobre 2018 par le Parlement de Wallonie, reconnaît que l’animal est un être sensible. En son article 1er, il décrète que l’animal possède des besoins qui lui sont spécifiques, selon sa nature, suivant en cela le progrès des connaissances scientifiques. Et pourtant, ce code ne s’applique qu’aux animaux qui sont sous la dépendance de l’homme. Il ne s’applique pas à la  faune sauvage, suivant en cela une logique de nature purement politique et juridique.

Or, certaines pratiques de chasse entraînent des souffrances intolérables pour les animaux sauvages. Prétendre que l’animal tiré n’a pas le temps de souffrir, et que la recherche d’animaux blessés, afin de les achever, permet d’éviter leur souffrance est une contre-vérité. Bien que le code stipule, dans l’article 56 §1er : qu’ « Un animal ne peut être mis à mort que par une personne ayant les connaissances et les capacités requises, et suivant la méthode la plus sélective, la plus rapide et la moins douloureuse pour l’animal », cette obligation juridique n’est pas appliquée puisqu’on tolère toujours  des pratiques de chasse peu respectueuses du gibier.

Les dispositions du Code wallon sur le bien-être animal devraient exclure les modes de chasse non sélectifs et peu efficaces comme le tir à l’arc, la chasse en battue à cor et à cri, le piégeage des petits prédateurs, ainsi que la chasse d’animaux pratiquement domestiqués par un apport journalier de nourriture distribuée de la main de l’homme.