La chasse d’agrément, de loisir, sportive, ou d’affaire… banalise et modifie la nature et sa biodiversité. Elle n’est en aucune manière dans sa forme actuelle une activité de gestion écologique globale et durable des milieux et de sa faune. Elle est devenue pure activité de consommation.  (on y “consomme” du sanglier, du perdreau, du faisan … comme de vulgaires marchandises).

Petit gibier et gibier d’eau

Les lâchers à grande échelle, pour le tir, de faisans, de perdrix et de canards colverts impactent négativement la faune sauvage locale, d’une part par le risque  de dilution du génome indigène d’animaux bien adaptés à nos régions, et d’autre part par des impacts sanitaires certains.

En outre, certaines espèces rares ou en régression sont encore chassées.

Grand gibier

La forêt wallonne souffre d’une surdensité de grand gibier. Celle-ci, déjà favorisée par une fructification abondante et par des hivers peu rigoureux, est liée, principalement, à la pratique inutile du nourrissage artificiel, à laquelle  s’ajoute une gestion cynégétique qui organise délibérément un déséquilibre des sexes en préservant les meilleures reproductrices afin d’augmenter le capital “gibier” bien au-delà des capacités naturelles. Il en résulte une forte dégradation de l’écosystème forestier et une chute drastique de sa biodiversité. Cet état est flagrant dans certains grands territoires de chasse représentant  près de 20 % de la surface de la forêt wallonne. C’est à partir de ces « points noirs » (voir à ce sujet « La forêt wallonne, une chasse gardée. Le poids du lobby de la chasse ». Lionel Delvaux, 2015) qu’un gibier pléthorique déborde pour coloniser les milieux voisins agricoles et forestiers. Sachant qu’au printemps, la densité de gibier dépasse au sud du sillon Sambre & Meuse les 50 sangliers/1.000 ha, voire parfois comme à certains endroits les 200/1000 ha,, si l’on se réfère aux  normes de la chasse en France, la Région wallonne peut être classée en « point noir généralisé” ! (densité idéale: 12 à 15 sangliers/1000 hectares avant naissances)

La surdensité en cervidés qui occasionne des  dégâts aux arbres, à la végétation et leur régénération met en danger la diversité sylvicole.

La surabondance des sangliers participe gravement à la disparition ou au déclin de nombreuses espèces sauvages, dont notamment l’avifaune nichant au sol (Gélinotte, Bécasse, Pipits, …), les reptiles, les amphibiens, et les larves d’insectes vivant dans les sols.

Les conséquences de ces surdensités présentent en outre pour les communes une perte économique avec le risque de perdre la certification des forêts labellisées PEFC comme à Wellin.

De nombreuses études scientifiques, s’accordent à imputer à la surdensité de sangliers l’arrivée de diverses épizooties et la propagation rapide de la peste porcine qui sévit actuellement dans le sud de la Wallonie.

Cet état de fait exerce donc une pression permanente et insoutenable sur les habitats et les espèces.