… Que ce soit en Wallonie ou en Europe, la chasse telle que pratiquée actuellement ne permet plus de contrôler l’évolution des populations de sangliers (Massei et al 2014). Il est donc temps de faire preuve d’innovation …

Citation de Brieuc Quévy
Direction générale opérationnelle de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement.
(Extrait de la préface du “BILAN DES ÉTUDES RELATIVES AU SANGLIER EN WALLONIE, AVANT LE FOYER DE PESTE PORCINE AFRICAINE” – Nov.2018)

Du point de vue écologique, la chasse provoque des déséquilibres dans les milieux naturels; du point de vue moral, elle ne prend pas en compte la souffrance animale ; du point de vue social, elle entrave l’accès à la forêt. Sans vouloir jeter l’opprobre sur l’entièreté du monde de la chasse, il faut bien constater que, telle qu’elle est majoritairement pratiquée en Wallonie, la chasse présente de réelles déviances et aberrations, au point que :


1 son impact négatif sur la biodiversité est énorme;

2 son manque d’éthique envenime les relations entre tous les acteurs de la ruralité;

3 au niveau sociétal,  par sa mainmise sur les forêts publiques, elle s’approprie de façon inacceptable ce qui est pourtant un bien commun.

C’est pourquoi il est urgent de revoir en profondeur la loi sur la chasse dont l’esprit remonte à 1882. Même si elle a subi depuis des remaniements importants, ceux-ci ont cependant fait l’impasse sur bien des points devenus cruciaux tels que la perte dramatique de biodiversité, le bien-être animal et les attentes de la société.

Le lobby de la chasse très puissant en Wallonie, influence largement à son avantage la réglementation et la législation avec entre-autre une représentation totalement déséquilibrée en sa faveur dans les commissions consultatives tel le pôle ruralité section chasse, seul consulté pour ce qui concerne la faune “gibier” ou les conseils cynégétiques bien noyautés, par leurs représentants les plus radicaux. La loi sur la chasse trop peu contraignante et mal encadrée n’est même pas toujours appliquée”. Par exemple dans les conseils cynégétiques ou certaines réunions légalement contraignantes avec un panel de la société plus large sont tout bonnement zappées).

Le Département Nature et Forêts (DNF) de la Région wallonne manque de personnel pour exercer sa mission de contrôle et les procès-verbaux étant trop souvent classés sans suite, le personnel y est complètement démotivé”. Les grandes décisions, qui se prennent souvent directement dans les cabinets ministériels fort à l’écoute du lobby chasse et sans la moindre consultation avec leurs administrations, démotivent même les hauts cadres du DNF qui ne cessent de s’en  plaindre. De même que les rapports de grande qualité du DEMNA souvent ignorés par le pouvoir politique, restent lettres mortes ou dorment dans des tiroirs. “Depuis 1994 où un décret du 14 juillet 1994 du ministre Guy Lutgen a permis de faire une nette avancée, c’est le statu quo politique en la matière. Les ministres en charge sont où proches du monde de la chasse, où chasseurs eux-mêmes. Le seul ministre qui ait pris des mesures pour inverser la tendance (Carlo Di Antonio) a vu ses efforts annulés par son successeur !  La chasse est devenue intouchable et s’évertue par un lobbying effréné à garder le monopole sur la gestion cynégétique et de la faune sauvage. 

Nos constatations sont aussi dénoncées dans un article que consacre la revue Imagine (n°122, juillet-août 2017) sur le déséquilibre forêt/grande faune.