
En 2024, le collectif s’est rendu à Genappe où pullulaient sur un étang des canards colverts importés pour la chasse. Après un an et demi d’action en faveur d’une réglementation communale pour encadrer cette pratique (en l’absence d’action régionale), c’est finalement le DNF qui arbitre en y interdisant la chasse aux canards pendant 15 ans. Le collectif se réjouit de cette décision et appelle la Ministre de la Chasse à suivre l’avis de son administration.
Il y a quelques semaines, le collectif Stop Dérives Chasse a reçu un courrier de la commune de Genappe résonnant comme une petite victoire : la chasse ciblant le gibier d’eau aux étangs de Pallandt sera suspendue pendant quinze ans !
Le collectif s’était rendu pour la première fois sur les lieux en 2024 suite à une alerte du voisinage faisant état d’une importation massive – 1250 individus – de canards colverts sur un étang (situé en zone Natura 2000) d’à peine 1 ha de superficie. Outre les nuisances olfactives liées à la pollution de l’étang (déjections, étang eutrophisé…), les cris de canards et de Bernaches du Canada, attirées par l’agrainage quotidien sur le plan d’eau, causaient des nuisances sonores nuit et jour.
« Ils étaient très jeunes. Depuis lors, le garde-chasse de la propriété vient les nourrir tous les jours. Ils sont tellement habitués qu’ils réagissent dès qu’ils entendent le quad arriver au loin. Ces canards sont presque domestiqués. Pourquoi sont-ils là ? Tout simplement pour être chassés. C’est afreux. Ils ne sont en rien sauvages et ne pourront pas réagir. On ne peut pas appeler ça de la chasse. »
Un habitant de la drève au journal Le Soir qui s'était déjà rendu sur place
Lors des journées de chasse, les tirs à moins de 50 mètres des habitations provoquaient également une pollution sonore et un stress pour les riverains comme pour les animaux domestiques.
Sur base des témoignages et des différentes éléments relevés sur le terrain, nous avions rédigé un policy brief, document à destination des responsables politiques recensant toute la littérature scientifique liée aux lâchers massifs d’oiseaux d’élevage et proposant des solution adaptées aux communes.
En avril, suite à la rencontre avec le bourgmestre de Genappe, Gérard Couronné, nous lui avons rédigé et soumis un règlement communal visant à encadrer les lâchers de faisans et de canards colverts sur le territoire en vertu de l’article 58quinquies de la Loi sur la Conservation de la Nature de 1973.
Nous avions ensuite maintenu la pression sur la commune en soutenant une interpellation citoyenne avec une riveraine au conseil communal du 28 octobre 2026. En réponse à l’interpellation, Monsieur le bourgmestre avait répondu que la commune était bien compétente pour encadrer les lâchers. Michael Rouffiange, échevin en charge de cette matière, expliquait que le brouillon de règlement communal était passé en collège la semaine précédente.
Lors du conseil communal suivant, le 25 novembre, le bourgmestre avait été interrogé à propos du règlement proposé par Stop Dérives Chasse. Il expliquait que la commune avait organisé une réunion de travail avec le SPW, la commune de Lasne, des représentants des chasseurs et d’autres partenaires pour avancer sur le texte de règlement communal… Leur but annoncé était d’interdire le lâcher de tir (celui de repeuplement resterait autorisé) !
Après de nombreuses actions (voir encadré ci-dessus), et malgré les promesses de la commune pour prendre un règlement communal comme le collectif lui avait suggéré, c’est par l’intermédiaire des permis de réaménagement des étangs que les riverains ont enfin obtenu le soulagement. Le DNF y a imposé une condition claire : « Les actions de chasse ciblant le gibier d’eau sont suspendues sur les sites concernés pendant une période de quinze ans à compter de l’obtention du permis, octroyé en ce début d’année”.
Après le DEMNA en 2024 (1), c’est maintenant au tour du DNF de mettre en avant l’impact délétère des lâchers d’oiseaux d’élevage sur l’environnement. En effet, la disposition contenue dans le permis de réaménagement des étangs « vise à protéger les écosystèmes locaux et à limiter les impacts pour les riverains« .
A rebours de sa propre administration et malgré plus d’une dizaine d’annonces de réformes depuis un an, la Ministre de la Ruralité Anne-Catherine Dalcq n’a toujours pas légiféré. Pourtant, les promesses du cabinet ont conduit certaines communes — prêtes à encadrer cette pratique localement — à renoncer à agir, dans l’attente d’une réforme régionale. C’est notamment le cas de la commune de Genappe qui indique dans ce même courrier que “la chasse relève d’une compétence régionale, ce qui limite les marges de manœuvre de la commune en matière de réglementation locale, et ce malgré notre volonté”.
Le collectif Stop Dérives Chasse demande une nouvelle fois à la Ministre de faire une proposition de décret visant à interdire les lâchers de tir d’oiseaux d’élevage tout en encadrant bien davantage les lâchers de repeuplement dans le cadre d’un plan de gestion favorable à l’espèce et á la biodiversité. Les citoyens, les associations de protection de l’environnement, les communes et désormais l’ensemble de son administration se positionnent pour une telle avancée.
Notre collectif, regroupant plus de 80 associations a pour but de faire évoluer la loi sur la chasse afin qu’elle prenne en compte les diverses sensibilités de la société (bien-être animal, biodiversité, activités socio-récréatives en forêt).
Associations fondatrices :


