La chasse du gibier avec arc et flèches est non seulement cruelle mais se révèle aussi peu efficace. Le taux de réussite pour que la flèche atteigne un organe vital est extrêmement faible, surtout si l’animal visé est à plus de 15 mètres.

Les animaux touchés par des projectiles qui n’atteignent pas les organes vitaux souffrent et agonisent longtemps avant de mourir vidés de leur sang ou bien demeurent handicapés et sont alors condamnés à terme. Selon un article trouvé dans la littérature cynégétique, dès qu’un animal est touché par une flèche : “…une longue agonie commence: une demi-heure au moins si la flèche a atteint le coeur ou le poumon, une heure de plus si le foie a été touché  et 12 heures pour une blessure au ventre”. Un autre article paru dans le magazine « Le chasseur français » de décembre 2006 informe que : “… même une flèche décochée à bonne portée ne tue pas net et l’animal ne meurt que rarement sur le coup. La recherche de l’animal blessé fait partie intégrante de la chasse. Mais elle se termine souvent, après une ou deux heures de marche, par un constat d’échec ”. Aux Etats-Unis, une étude portant sur 2.370 chasseurs a montré que seuls 49 % d’entre-eux ont retrouvé leur cible … Toujours aux Etats-Unis, des chasseurs à l’arc réussirent tous un examen écrit mais leur examen pratique pour mesurer l’efficacité de leurs tirs sur une cible se révéla être catastrophique, avec un taux de réussite de moins de 10 %. 

La chasse à l’arc est autorisée par la Convention Benelux pour la seule Région wallonne. Mais elle n’y est pas pour autant explicitement prévue, ni même réglementée : aucun texte législatif, aucune transposition ou disposition légale, aucune réglementation n’a mentionné que ce mode de chasse était légal en Wallonie. 

Devant ce vide juridique, Joëlle Milquet, alors présidente du cdH, écrivait en 2005, en concertation avec le Ministre de l’Agriculture et de la ruralité, Guy Lutgen (cdH),  qu’il n’était ni opportun, ni nécessaire de permettre l’apparition de ce mode de chasse en Région wallonne. 

Cependant, en 2007, une décision du tribunal de première instance de Namur, qui statuait sur un procès-verbal dressé par des gardes forestiers de l’Unité Anti Braconnage (UAB), a considéré que la chasse à l’arc était autorisée car aucune disposition légale n’interdisait le tir à l’arc à la chasse !

Depuis, la chasse à l’arc s’insinue de plus en plus dans nos forêts, entre autre pour la chasse du cerf. Cela se fait avec la complicité du Ministre René Collin (cdH) qui  a déclaré en commission du Parlement wallon en janvier 2018 qu’un ministre et son administration doivent respecter la jurisprudence des cours et tribunaux en cas d’ absence de disposition légale interdisant la chasse à l’arc. C’est ainsi que le Département Nature et Forêt a précisé dans une note destinée à ses services extérieurs que : « … dans l’état actuel de la législation sur la chasse, il n’y a pas de disposition légale ou réglementaire  permettant de fonder un procès-verbal sanctionnant le fait de chasser à l’arc ». 

Pour le dire clairement : le manque de clarté de la législation wallonne sur la chasse, l’absence de décision des autorités politiques pour légiférer, l’influence du monde de la chasse sur le gouvernement wallon et l’interprétation de l’administration  autorisent donc un mode chasse qui n’est pas explicitement interdit par la loi. Ce laxisme règne sans aucun encadrement réglementaire, comme l’obligation de formation au tir, la réussite d’un examen d’aptitude, la fixation de critères techniques précisant quels types d’arc et quelles flèches sont autorisées ou interdites, l’obligation du marquage du matériel, etc… !  

La chasse d’animaux sauvage doit-elle donc être définitivement envisagée comme un simple loisir, au détriment de la souffrance d’animaux sauvages sensibles et conscients ? L’animal est-il simplement une cible … vivante ?