
Dans la commune liégeoise de Clavier, des dizaines de milliers de faisans et de canards colverts sont importés chaque année en vue d’être lâchés et tirés quelques jours ou semaines plus tard. Depuis plusieurs semaines, des cadavres de faisans sont retrouvés tous les jours, laissant penser à une nouvelle épidémie de grippe aviaire. Les riverains se posent des questions et les scientifiques de l’administration sont venus réaliser des prélèvements pour tenter d’y répondre.
Comme chaque année, plusieurs milliers de faisans et de canards colverts ont été importés et lâchés pour la chasse dans le petit hameau de Saint-Fontaine. Pire exemple des dérives de la chasse business depuis des années, la commune liégeoise importait encore 33 634 faisans – 18 000 uniquement à Saint-Fontaine – et 12 000 canards l’année dernière, selon l’AFSCA.
Après un grave épisode de grippe aviaire à Saint-Fontaine en 2022, une nouvelle épidémie semble se propager cette année. En effet, depuis le début du mois d’août, les habitants du hameau se plaignent de retrouver tous les jours de nombreuses dépouilles d’animaux. Selon les informations récoltées sur place, les faisans seraient atteints par l’histomonose (maladie parasitaire mortelle) et les canards colverts auraient contracté le botulisme (maladie nerveuse mortelle provoquée par l’ingestion d’une toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum). Considérant le risque sanitaire considérable de ces lâchers (1), des agents de l’administration wallonne se sont rendus sur place il y a quelques jours pour analyser les cadavres des oiseaux retrouvés.
Volières à faisans, étangs artificiels pour les canards, nourrissage quotidien à l’aide d’appeau : à Saint-Fontaine, tous les éléments portent à croire que ces lâchers n’ont pour seul objectif que le divertissement d’une poignée de chasseurs fortunés. À partir du moment où rien n’est mis en place pour que ces oiseaux puissent survivre et se reproduire pour repeupler progressivement le milieu naturel, ces lâchers constituent un acte de maltraitance animale des plus cruels.
L’épidémie qui décime actuellement la population d’oiseaux importés pourrait suffire à elle seule pour repousser la chasse, voire l’interdire. Sur le terrain, le gestionnaire de chasse n’a même pas daigné communiquer ses dates de chasse aux riverains pour “éviter de se faire ennuyer”.
À l’heure d’écrire ces lignes, les agents de l’administration venus analyser les cadavres d’oiseaux n’ont toujours pas rendu le verdict, laissant les riverains dans la peur et l’incompréhension.
Au vu des risques sanitaires majeurs et de la maltraitance animale engendrés par ces lâchers, le Collectif demande rapidement à l’administration de communiquer les résultats des analyses et d’interdire la chasse à Saint-Fontaine en cas de nouvelle épidémie de grippe aviaire. Nous demandons une nouvelle fois à la Ministre Dalcq d’encadrer légalement ces pratiques comme promis depuis des années.
Notre collectif, regroupant plus de 80 associations a pour but de faire évoluer la loi sur la chasse afin qu’elle prenne en compte les diverses sensibilités de la société (bien-être animal, biodiversité, activités socio-récréatives en forêt).
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